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  • Héloise Georget

Comparaison est-elle raison au sujet d'une oeuvre?


Voici ce que Goethe, un théoricien de l'art écrivait dans les Maximes et réflexions publié en 1833 peu après sa mort.


"Dans l’examen des productions de l’art, doit-on comparer ou non ? Nous pouvons répondre à cette question de la manière suivante : le véritable connaisseur doit comparer ; l’idéal est présent à son esprit ; il a saisi l’idée qui peut et doit être représentée ; l’amateur, qui n’en est encore qu’à former son jugement, fera plus de progrès si, s’abstenant de comparer, il étudie le mérite particulier de chaque ouvrage ; par là se forme peu à peu le sentiment et l’intelligence en général. Comparer, pour les non-connaisseurs, est chose commode qui dispense de juger." -


Dans mon parcours d'études en restauration de tableaux, revenait souvent l'idée qu'après le XIXème siècle les artistes perdaient malheureusement la connaissance des matériaux utilisés dans leur tableau. Du châssis, au support, en passant par l'encollage de celle-ci, la préparation, la peinture puis le vernis. Automatiquement la question frôlait nos bouches en tant qu'étudiant sur : Peut-on remettre en question la maîtrise de ces peintres et donc le titre d'oeuvres d'art au sens le plus complet dans son étymologie où l'art est avant tout technique par sa racine grecque (Tekhnè) et latine (ars.artis) ! Dans notre monde contemporain, où l'art peut être éphémère la question est ainsi évincée. Mais nous, en tant que restaurateur où notre mission est de conserver, préserver le patrimoine nous ne pouvons pas passer à côté sans y réfléchir. Le professionnel qui a de la malice ne va pas critiquer, ni prendre le risque de comparer ce qui revient à dire de juger une oeuvre car cela lui donne du travail! ;) Mais le professionnel honnête vous répondra avec passion.

Alors oui je me permets de comparer sans pour autant délaisser une oeuvre avec ses maladresses. Au contraire je vais tout essayer pour l'aider à survivre plus longtemps quand d'autres traverses des siècles avec parfois aucune intervention de la part de l'homme.

Grâce à ma formation j'ai réellement compris ma mission et je me suis imprégnée de cela de manière à l'incarner et à faire prendre en considération cette urgence. Nous traversons une "crise artistique". Tout le monde peut faire ce constat. Il est facile de reconnaître une oeuvre artistique qui se conserve et d'autres très mal! Qui se conserve veut donc dire maîtrise de la technique, de la patience, de la rigueur et du savoir. Ce manque de prise de conscience marque la fin d'un art puisque beaucoup d'oeuvres traversent difficilement le temps.


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