Le Fusain ...

 

 

Définition :
 

 

Avant de parler de l'outil, rappelons que le fusain est avant tout un arbrisseau ornemental (célastracé), à feuilles sombres et luisantes, portant des fruits rouges.
L'instrument artistique n'est que très rarement fabriqué de nos jours avec cette plante. Le saule est le bois le plus utilisé car il permet une grande variété de diamètres, une homogénéité et une bonne densité de noirs. 
D'autres arbres peuvent servir à leur fabrication : la vigne utilisée souvent pour le plus petit diamètre, le bouleau, l'épicéa (en Finlande), le tilleul mais aussi le noyer, le figuier, le prunier, le myrte (en Grèce) ou romarin (en Italie).

Les meilleurs fusains sont les plus tendres. Sont considérés ainsi le fusain du Japon, le saule, le tilleul et la vigne.
Les moins bons peuvent apparaître très rugueux et accrocher le papier. Cela arrive souvent avec des bâtonnets qui laissent des traces brunâtres de bois mal consumé.

Il existe deux catégories :
     - Le fusain directement produit par la combustion du bois en vase clos dans des conditions anaérobies (peu ou pas d'oxygène). Il conserve même ainsi les formes des branches. Il s'agit en fait de charbon de bois qui est une forme impure de carbone. Il est chimiquement assez simple et stable.
     - Le fusain reconstitué, généralement fabriqué à partir de la poudre de fusain agglomérée avec un liant. Il se présente sous forme de bâtonnets ronds ou carrés de 9 à 12 cm ou sous forme de crayons. Moins cassant, il est plus noir que le premier mais ne permet pas d'être estomper et d'être retravailler aussi aisément. Il sert donc à noircir les parties laissées trop grises par le fusain végétal, et permet de finir l'œuvre en soulignant quelques traits avec plus de précision. C'est un excellent outil de finition.


Le fusain est traditionnellement l'objet le plus simple et le plus utilisé dans le dessin d'art. Il se travaille comme le pastel, au doigt. 
Selon la partie de la branche dans laquelle il a été découpé, les brindilles peuvent être de différentes grosseurs et portent alors chacun des noms spécifiques : fin ou mignonnette (2-3 mm), moyen ou petit buisson (4-6 mm), gros ou moyen buisson (7-9 mm), très gros ou gros buisson (12-14 mm) jusqu'à géant pour la scénographie (16-24 mm).

Le support adéquat est le papier. Différents papiers sont utilisés en fonction du sujet et du résultat souhaité. Le fusain a la particularité de révéler la texture. Le pigment noir à tendance à s'accrocher aux reliefs d'un papier à gros grains sans pénétrer dans les interstices. Cela peut être intéressant pour réaliser des ambiances mais ne permet pas de dessiner au trait avec finesse. Les papiers plus lisses conviennent mieux au fusain reconstitué.

Histoire :
 

 

Le fusain est probablement la plus ancienne technique artistique, employé dès le paléolithique. C'est en effet l'un des premiers moyens que les hommes préhistoriques ont trouvé pour s'exprimer sur les parois des cavernes. 
Il s'agissait au début de simples torches brûlées avant d'être amélioré par l'homme (essences végétales plus propices, formés équarries...).

A la renaissance et même avant, les artistes utilisaient le fusain, pour exécuter le tracé préliminaire des fresques, et le tracé préparatoire à la réalisation de tableaux.

C'est seulement à partir des temps modernes, que les artistes ont commencé à encadrer des dessins au fusain, alors devenu un moyen d'expression artistique à part entière. 
Il sert aujourd'hui surtout dans les écoles et cours de dessin pour réaliser des esquisses sur papier car il se prête très bien à l'apprentissage du travail du clair-obscu

Cet outil bien qu'il soit d'une grande simplicité et concurrencé par les craies et mines, rares sont les artistes, aujourd'hui, qui dédaignent ce très puissant moyen d'expression. Il se prête aussi particulièrement bien pour saisir le mouvement (exemple: dessins de Rodin et de Matisse). Au XIX° siècle, c'est Auguste Allongé qui est considéré comme le maître de cet art.

Avantages :
 

 

L'intérêt d'utiliser le fusain est sa spontanéité et sa sensibilité. Son exécution est donc rapide car comme beaucoup de dessins, il n'a pas à sécher.

Le fusain absorbe parfaitement la lumière. Cette qualité lui vient de sa parfaite matité, qui donne ainsi une grande richesse de ses noirs qui sont chauds et veloutés. Ce morceau de saule calciné qui peut d'ailleurs être ramassé après un incendie, en fait un instrument très simple, mais aussi un des rares produits offrant un noir profond naturel. C'est la couleur la plus sombre qui existe en dessin.

Bon marché, il permet des tracés plus ou moins précis et fins ou au contraire très larges. Différentes possibilités de texture sont réalisables, selon la façon dont il est utilisé et du choix du papier. Le fusain peut être plus ou moins tendre. Comme pour le crayon graphite, plus il sera sec et moins il marquera le support, et à l'opposé, plus il sera tendre, plus il le noircira.

Inconvénients :
 

 

L'inconvénient majeur du charbon de bois est son état de poudre laissé sur le support. Il est impératif de le fixer avec un produit spécial ou de l'encadrer afin d'éviter que le carbone ne se décolle s'il on frotte la surface du support. Contrairement au pastel, le fixatif est moins gênant au niveau du changement chromatique puisque nous n'avons que du noir et blanc. 
Attention certains utilisent de la laque pour cheveux car moins cher mais détériore les œuvres.

Même si l'on peut varier les traits (floutés, appuyés), le rendu est moins précis qu'une mine bien taillée. 

L'absence de couleur peut être aussi un problème si l'on n'apprécie point le monochrome.. 

Notons que le papier, étant le support principal du fusain, peut finir par s'altérer avec le temps, et donc détériorer la lisibilité du dessin.

Héloïse GEORGET  /  art.generis@gmail.com  /  N°SIRET: 518-598-289-00016   

26 avenue du mont soleil 83400 HYERES / 06 85 57 73 29
L'atelier est assuré à "La Compagnie des arts", 30 rue Pierre Brasseur 77100 MEAUX, TEL: 01.60.01.23.23