Quelques Définitions ...

 

 

Authenticité :
 
Un bien culturel est jugé authentique quand son histoire, matérielle et culturelle, établit rigoureusement qu’il est bien ce que l’on prétend qu’il est. Le document de Nara affirme que les critères d’évaluation de l’authenticité sont multiples et qu’ils se définissent et s’apprécient en fonction du contexte culturel auquel est associé le bien. 
 
Chevreul Michel-Eugène :
 
Michel-Eugène Chevreul (1786-1889) est un chimiste français connu pour son travail sur les acides gras et la saponification et sa contribution à la théorie des couleurs. Ces travaux lui valurent la médaille Copley en 1857. 
 
Compatibilité :
 
Ce terme est le plus souvent retenu, mais innocuité serait peut-être plus approprié. Les matériaux et les modes opératoires utilisés lors de l’intervention de conservation-restauration doivent être compatibles avec les matériaux originaux : leur innocuité est acquise. Cette compatibilité s’entend sur plusieurs registres (physique et mécanique, chimique, optique). Elle comprend des effets indirects: ne pas anéantir une possibilité d’analyse, d’expertise, de datation des matériaux originaux … Elle concerne surtout les matériaux ou produits qui resteront durablement au contact des matériaux originaux, mais aussi ceux utilisés brièvement à une étape précise du traitement. L’exigence de compatibilité, comme les autres, ne s’analyse pas seule : un apport peu réversible doit être d’autant plus durablement compatible. 
 
Déontologie :
 
Pour une oeuvre unique, tout dégât est définitif " (Marijnissen)

Les interventions sur un bien culturel, quel qu'il soit, sont des actes graves où se jouent sa compréhension et sa survie. Que l'intervention soit visible ou non, elle a des répercussions sur les caractéristiques de l'oeuvre : en transformant sa structure et son aspect, sa perception risque d'en être modifiée. « La restauration constitue le moment méthodologique de la reconnaissance de l’oeuvre d’art, dans sa consistance physique et sa double polarité esthétique et historique, en vue de sa transmission aux générations futures (…) La restauration doit viser à rétablir l’unité potentielle de l’oeuvre d’art, à condition que cela soit possible sans commettre un faux artistique, ou un faux historique, et sans effacer aucune trace du passage de cette oeuvre d’art dans le temps », Cesare Brandi, Théorie de la restauration, 1977, trad. 2001, Ecole nationale du patrimoine-Editions du Patrimoine, pp. 30 et 32 

Le résultat à atteindre doit donc être clairement défini avant toute action. C'est pourquoi différentes études doivent être menées sérieusement lors de la réception de l'oeuvre et une discussion peut commencer avec le propriétaire pour définir exactement les priorités dans l'intervention. D'autres corps professionnels peuvent intervenir dans la mesure où une oeuvre peut présenter un cas complexe (chimiste, radiologue...) 

Trois principes fondamentaux sont à appliquer: lisibilitéstabilité et réversibilité (Paul Philippot). Un autre principe moderne vient se rajouter à cette liste: l'intervention minimale qui consiste à préserver au maximum l'authenticité de l'oeuvre, et limiter les restaurations abusives.
 
Lisibilité :
 
Le restaurateur se doit de rétablir l'image, de façon à ce que l'oeil ne soit plus heurté par les lacunes. Il se doit alors de respecter la facture du peintre sans chercher à créer ou inventer. Dans la mesure du possible, il faut essayer de retrouver le motif, en cherchant des modèles du sujet, des photographies anciennes de l’œuvre, des copies faites avant que l’œuvre soit altérée… Toute la difficulté est de s’approprier le geste du maître comme dans la copie d'ailleurs. 
 
Retrait :
 
Le retrait concerne toute substance pouvant changer de volume suite à l'évaporation d'une partie de ses composants. 
 
Réversibilité :
 
Une intervention de conservation-restauration est réversible s’il est possible de revenir à l’état immédiatement antérieur. Il doit être possible d’éliminer, sans endommagee les matériaux originaux, les matériaux apportés au cours de l'intervention. 
On peut en déduire :
     - Qu’une intervention totalement ou partiellement irréversible doit être particulièrement argumentée et documentée,
     - Qu’une intervention « interprétative », doit être rigoureusement et parfaitement réversible,
   - Que, lorsqu’une intervention laisse des matériaux que l’on ne pourra pas totalement éliminer ultérieurement, la stabilité et la compatibilité durables de ces matériaux avec les matériaux originaux deviennent des critères importants. 
 
Saponification :
 
La saponification est la réaction chimique suivante: Ester + base (exemple: soude NaOH, potasse KOH)----> acide + alcool 
 
Siccativer, Siccatif :
 
Contrairement aux peintures aqueuses, on ne peut pas parler réellement de séchage pour l'huile. En effet, le séchage se produit par évaporation de l'eau. Or, une huile ne s'évapore pas mais siccative. Il s'agit d'une oxydation de l'huile, une alliance entre l'huile et l'oxygène provenant: 
 - de l'air ambiant 
 - de certains pigments tel que l'oxyde de manganèse, l'oxyde de cobalt et l'oxyde de plomb. Ces substances, et bien d'autres, peuvent donner à l'huile leur propre charge d'oxygène, provocant la siccativation.

Par ce processus, les doubles liaisons se saturent. Chaque macromolécule qui compose l'huile se relie entre elle, dans toutes les directions, formant un véritable filet tridimensionnel, piégeant les pigments. On appelle ce phénomène, la réticulation. 
 
Stabilité :
 
Les matériaux introduits doivent conserver, le plus longtemps possible, leurs propriétés utiles (adhésives, consolidantes, protectrices, esthétiques, etc.), tout en restant durablement réversibles et compatibles. Plus leur réversibilité est problématique, plus leur stabilité importe. Il n’est pas inconcevable d’opter pour un matériau peu stable, si sa réversibilité et sa compatibilité sont parfaites et si son remplacement régulier est programmé… : ce choix peut être meilleur que celui d’un matériau stable, mais peu compatible et peu réversible. La notion de stabilité est particulièrement difficile à apprécier : D’une part, les informations manquent, objectivement, sur le vieillissement à long terme de beaucoup des matériaux qui nous intéressent ; d’autre part, la stabilité n’est pas une donnée absolue, mais au contraire largement dépendante du contexte dans lequel les matériaux sont sollicités.
 

Héloïse GEORGET  /  art.generis@gmail.com  /  N°SIRET: 518-598-289-00016   

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